Retour sur l’atelier LIA-ACTé #4

Conception et usages de la vidéo pour enseigner à l'université : quels enjeux ?

Date : 10 décembre 2020

Cet atelier a permis à la cinquantaine de participants de réfléchir aux différents usages et finalités de la vidéo pour former les étudiants (ex : former aux gestes professionnels, utiliser la vidéo comme support d'une analyse critique ou réflexive ou comme un instrument pédagogique, etc.)

Comme lors des ateliers précédents, cette collaboration entre les chercheurs du laboratoire ACTé et le programme Learn'in Auvergne (CAP 20-25) avait pour objectif de faciliter la diffusion des résultats de recherche auprès de la communauté enseignante du site. L’atelier a fourni un espace de réflexion sur les différentes manières de mobiliser les vidéos dans une finalité pédagogique choisie.

L’atelier retranscrit ci-dessous s’est organisé autour d’une introduction suivie d’une présentation de deux cas d’étude et d’un temps d’échange.
Le diaporama de la présentation est disponible en téléchargement ici.
 

Introduction

L’introduction de Béatrice Drot-Delange et Guillaume Serres a permis de situer le contexte de l’atelier en s’appuyant sur la typologie d’usage des vidéos de Laduron et Rappe (2019). Dans un dispositif de formation, la vidéo peut permettre à l’étudiant de comprendre, mémoriser, se mettre en action, analyser, se positionner vis-à-vis de ce qui est filmé, ou créer. Une même vidéo peut servir plusieurs usages. La vidéo est donc un outil protéiforme qui sert d’instrument en fonction des objectifs du dispositif de formation. Il convient donc de se demander quel est l’objectif de l’enseignant ? Quel service rend la vidéo ? Quelle est sa place dans le déroulé de l’enseignement ?

 

Cas d'étude 1



 

Nathalie Gal-Petitfaux, enseignante-chercheure en STAPS présente un cas d’étude sur l’usage des vidéos pour former de futurs enseignants d’EPS aux gestes professionnels.


 

Cas d'étude 2



 

Nathalie Masseux, enseignante-chercheure en sciences de l’éducation, porte un projet LIA sur les Vidéos Pédagogiques Enrichies et présente un cas de conception et d’ingénierie vidéo au service de l’apprentissage.

 
 

Discussions

Les échanges suscités par les présentations sont résumés ci-dessous.
 

Comment s’assurer que les étudiants qui se forment aux différents gestes et savoir-faire professionnels analysent la vidéo de manière efficace ? Quelle question poser concrètement pour leur permettre d’analyser avec finesse les gestes professionnels et leurs motivations sous-jacentes ?

Eléments de réponse : Accompagner les étudiants dans une démarche d’analyse descriptive, évaluative, interprétative et transformative en leur proposant des critères d’évaluation, mais aussi des temps d’analyse croisée de la vidéo (analyse vidéo par un groupe d’étudiant). Le chapitrage et les temps réflexifs guidés sont tout aussi importants.
 

Comment rendre visible l’invisible dans les vidéos ?

Eléments de réponse : Enrichir la vidéo par des schémas explicatifs afin de rendre compte des processus cognitifs à l’œuvre. Guider les étudiants dans l’interprétation de la vidéo, au-delà du comportement visible. L’outil H5P sur Moodle peut permettre d’intégrer des pauses réflexives dans vos vidéos.


Comment être sûr que les vidéos produisent les effets escomptés ? Quid des effets imprévus de la vidéo sur les usagers ?

Eléments de réponse : Effectivement, il peut y avoir des effets indésirables : une vidéo qui présente l’action d’un expert peut inspirer un sentiment d’incompétence chez les étudiants plutôt que de leur donner des idées. C’est un argument supplémentaire pour accompagner l’analyse interprétative des étudiants.

Le concepteur de la vidéo doit accepter que la vidéo présentant une situation professionnelle ne soit pas forcément appréhendée comme envisagé. C’est tout l’enjeu de la vidéoformation. Au bout du compte, ce sont les étudiants qui vont s’approprier la vidéo. C’est au formateur de saisir comment les étudiants analysent la vidéo afin de les guider vers une analyse plus fine, plus détaillée, au-delà de la description.

Par ailleurs, il est toujours possible de tester la première vidéo auprès des utilisateurs pour comprendre leur ressenti et leur analyse, ou de co-concevoir la vidéo avec les étudiants. La vidéo rend différents services en fonction de l’objectif qu’on lui assigne. Elle peut servir à contextualiser le futur environnement professionnel des étudiants mais aussi à susciter des réflexions à partir des traces d’apprentissage des étudiants filmés.
L’ordonnancement des vidéos doit être choisi avec soin pour faciliter les apprentissages critiques des étudiants, dans leurs parcours de développement de compétence.
 

Comment gérer la peur de se voir sur les vidéos ?

Eléments de réponse : Les effets désagréables de l’autoscopie sont tout à fait normaux, il est difficile d’être confronté à l’image de soi.
Il est possible de se faire accompagner et conseiller par le Pôle IPPA.